ligature

Dans notre société, le désir d’enfant est fortement encouragé. D’ailleurs, lorsque l’on est en couple depuis un moment, on vous demande souvent « alors c’est pour quand ? ». En revanche, la contraception définitive est plutôt un tabou. Aujourd’hui, je vous parle de ligature de trompes et de mon expérience.

La ligature tubaire, c’est permanent, c’est définitif et irréversible ! Comme dirait mon fils, c’est comme stériliser le chat ! La ligature des trompes peut se faire par différentes méthodes. Je ne suis pas gynécologue, alors je parlerais ici surtout de mon choix, la ligature tubaire complète.

C’est à dire que la chirurgienne retire environ un cm de trompes de chaque côté. Plus de retour possible en arrière !

 

Pourquoi j’ai opté pour la ligature de trompes ?

Chaque femme est différente. Chaque histoire est différente. Voici la mienne :

Il faut savoir qu’avant de m’avoir, ma mère a perdu un bébé à terme. Elle m’a eu à 36 ans. Je me suis toujours dit qu’après 30 ans, je ne voudrais plus avoir d’enfants pour éviter ce genre de risque.

Plus jeune, je voulais 3 enfants. Et puis j’ai eu mon fils. Je me souviens qu’après l’accouchement, j’ai dit que je n’étais pas sûre d’en avoir d’autres. Quelques années plus tard, j’ai changé d’avis, et nous avons eu une fille, et je savais que ce serait la dernière. La maternité, qui me semblait si naturelle avec un enfant, est devenue plus compliquée. Finalement, deux enfants ça me convient totalement.

De plus, pendant mes 2 grossesses, j’ai été malade comme un chien et je ne souhaitais vraiment plus revivre cela, en plus des autres peurs de la grossesse (perte du bébé, maladies, etc.). Cela m’a conforté dans mon choix de ne plus avoir d’enfant. D’ailleurs, j’ai commencé à parler de ligature dès le rendez-vous post partum.

Après ma deuxième grossesse, j’ai changé 4 fois de pilule en moins d’un an, aucune ne me convenait. Je refuse le stérilet, c’est mon choix, je ne voulais pas de ce petit truc dans mon corps. Je ne voulais plus d’enfants, mon choix était la ligature des trompes. J’ai stoppé la pilule à l’été 2019. À partir de là, j’ai eu une contraception dite mécanique : l’utilisation de préservatif, tout simplement.

Fin 2020, alors que je trouve enfin une professionnelle qui accepte la ligature, je découvre pendant le délai de réflexion, que je suis atteinte d’adénomyose sévère. On m’explique que même si je souhaiterais un autre enfant, vu l’état de mon utérus, cela serait extrêmement compliqué et j’aurai de grandes chances d’avoir des fausses couches. Cela ne fait que renforcer mon choix de la contraception définitive.

 

Ligature avant 40 ans

En théorie, selon la loi du 4 juillet 2001, toute personne majeure, bien informée, peut bénéficier de cette intervention. Mais vous savez qu’entre la théorie et la réalité, il y a l’équivalent d’un univers entier quand on parle de contraception définitive ! La majorité des professionnels refusent avant les 40 ans de la patiente.

J’ai mis 3 ans avant de trouver LA gynécologue.

3 ans à entendre que :

  • vous êtes trop jeune, qu’on verra à partir de 40 ans.
  • vous avez 2 enfants, vous allez avoir envie d’un petit troisième.
  • et votre mari, pourquoi il ne fait pas une vasectomie ?
  • si vous essayez le stérilet et que ça ne vous convient pas, on envisagera la ligature.
  • non, je ne fais pas de ligature, c’est contre nature.
  • vous allez le regretter donc je ne le ferai pas.

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur celle qui allait exaucer mon vœu ! Je cherchais une gynécologue pour un contrôle annuel. Lorsque j’ai appelé le cabinet pour prendre rendez-vous, on m’a dit qu’elle ne faisait que des opérations obstétriques…. la ligature aussi ? Oui ? Je peux avoir un RDV s’il vous plaît ?

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Ligature & délai de réflexion

Le premier rendez vous a été rapide. J’avais prévu ma liste d’arguments pour expliquer mon choix. Mais je n’en ai pas eu besoin. (même si je l’ai quand même fait) Je suis majeure, je suis une grande fille, je suis capable de faire mes choix.

Elle m’explique le déroulé de l’intervention par coelioscopie. Elle me fournit les documents sur la contraception définitive. Nous fixons un rdv 4 mois plus tard.

La loi impose un délai de réflexion de 4 mois. Au cas où, après avoir eu toutes les informations, on veut faire machine arrière.

Au second rdv, si on souhaite toujours réaliser la ligature, on fixe la date de l’intervention.

 

Préparation de l’intervention

J’ai rencontré l’anesthésiste une semaine avant le jour J.

Puis, quelques jours avant l’opération, j’ai réalisé un test de grossesse sanguin, afin de s’assurer que je n’étais pas enceinte (on n’est jamais à l’abri d’une surprise). J’ai eu aussi droit au test PCR, merci la période Covid-19 ! Et ce n’était pas agréable.

Enfin, arrive le jour J. Je me présente à jeun à la clinique.

Je me prépare, tenue stérile so sexy de la charlotte aux chaussons. Le grand moment arrive, on m’emmène dans la salle d’opération.

Là, j’avoue, je commence à flipper…. J’ai peur de l’anesthésie.

L’équipe arrive, tout le monde est de bonne humeur, et me rassure. L’anesthésiste injecte le produit via la perfusion… Mes paupières se ferment… J’aperçois l’horloge, il est presque 14 h.

 

Ligature et post op immédiat

J’ouvre les yeux, un type me parle, un infirmier. « ça va ? » hmm, oui je crois, je pensais à mon chat… ça le fait rire.

Et là, je réalise que je suis en salle de réveil, il est presque 16 h. J’ai froid (normal, la couverture chauffante a glissé). Premier réflexe, je touche mon ventre, j’ai bien 2 pansements. Jusque là tout va bien. J’en profite pour repiquer un roupillon.

Vers 17 h, je retourne dans le service de chirurgie ambulatoire. J’ai hâte de rentrer chez moi, je me sens vaseuse. Et puis j’ai chaud, il fait 23° dans la pièce. La tête tourne, je me sens partie, j’appuie sur la sonnette à moitié dans les vapes.

Une jolie chute de tension, on me file un jus de pomme, un gant froid et on me met la tête en bas, jambes relevées. La chirurgienne passe, je comprends que tout s’est bien passée, mais faut avouer que je ne pige pas trop ce qu’elle me dit à ce moment.

Je m’endors et je me réveille vers 19 h. Le changement d’équipe a lieu. Je me sens mieux, mais complétement à plat. La tension est remontée, c’est pas folichon, mais c’est mieux.

Vers 20h, je peux enfin avoir une collation. 20h30 premier lever. Et à 21h, je suis enfin autorisée à rentrer chez moi. L’infirmière me dira d’ailleurs que j’étais à 2 doigts de rester la nuit avec eux.

 

Ligature et douleurs

Parlons douleurs maintenant ! Mis à part une grosse fatigue, au réveil, je n’ai rien senti. Mon ventre était sensible, mais c’était supportable. Je marchais un peu recroquevillée, comme si j’avais eu une césarienne.

C’est en arrivant chez moi que j’ai commencé à avoir mal au dos et aux épaules. Ces douleurs sont liées à la coelioscopie. Puis, en voulant me coucher, c’était compliqué, entre la douleur dans les épaules et le ventre sensible.

Cela a duré 3 jours bien intenses. Pour vous dire, accoucher sans péridurale à côté c’était facile. Oui, j’ai eu mal pendant les 18 h de travail, mais une fois bébé née, j’étais tranquille !

J’ai enlevé les pansements après 24 h. L’hématome est passé par toute les couleurs pendant une dizaine de jour. Les fils, quant à eux, ont mis une quinzaine de jours à tomber. Les cicatrices sont discrètes. L’une est dans le nombril et l’autre est à l’emplacement de l’élastique des sous-vêtements.

 

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Délivrée, ligaturée !!!

32 ans, 2 enfants, et une ligature des trompes de faite !

1 mois plus tard, je ne regrette pas mon choix. Je n’ai pas eu de changements à mon cycle puisque cela fait bientôt 2 ans que je ne suis plus sous contraceptif hormonal. Car oui, avec une ligature, on continue à avoir ses règles (puisqu’elles viennent grâce à l’utérus). Si vous étiez encore sous hormones, il faudra quelques cycles pour que votre corps s’adapte. (perso, cela avait mis environ 6 mois, ayant des cycles longs cela correspond a 4/5 cycles pour moi seulement).

Si dans ma tête je sais que je ne veux plus d’enfant, je n’ai pas encore pris conscience que mon corps n’aura plus la possibilité d’enfanter avec la ligature. Pour moi, à l’annonce de l’adénomyose avancée, je savais qu’il n’était plus prêt à porter la vie.

En tout cas, avec mes cycles anarchiques, je n’ai plus à avoir peur de ne toujours pas avoir le cadeau mensuel de Dame Nature après 40 jours. Et ça, c’est réellement un soulagement ! Car même avec un contraceptif hormonal ou mécanique, cela ne reste pas fiable à 100 %. Et quand on ne désire pas/plus d’enfant, c’est un peu une angoisse permanente quand les règles ne débarquent pas.

J’espère que mon expérience vous permettra d’y voir plus clair sur le sujet. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, je vous réponds dès que possible !

Quelles méthodes de contraception utilisez-vous ?

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On se retrouve vite !

angie

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